ICHV logo  

Principes 2016

Principes essentiels de traitement des maladies infectieuses

Ces recommandations doivent être utilisées avec discernement, en respectant quelques principes:

  • La prise en charge d'un patient atteint d'une infection ne se limite pas au choix d'un antibiotique et doit faire l'objet d'une évaluation complète, éventuellement multidisciplinaire y compris l’infectiologue.
  • Avant d'entreprendre une antibiothérapie empirique, toute infection nécessite l'obtention de prélèvements microbiologiques (par exemple hémocultures, culture d'urines, biopsies, frottis divers), en particulier pour des patients qui doivent être ou qui sont déjà hospitalisés. Le laboratoire de microbiologie et le consultant d’infectiologie se tiennent à disposition pour discuter de la meilleure façon de prélever, pour l’exploitation optimale des échantillons au laboratoire.
  • En l'absence d’urgence (sepsis sévère ou choc septique, neutropénie fébrile, évidence de foyer clinique à risque de progression rapide), un traitement antibiotique empirique ne se justifie pas nécessairement, laissant au clinicien le temps d’établir un diagnostic précis permettant ainsi d’emblée un traitement ciblé.
  • Le choix d'un antibiotique ne saurait reposer que sur les résultats des tests de sensibilité effectués in vitro. D'autres paramètres doivent être pris en compte, tels que le site de l'infection, les co-morbidités du patient, ainsi que les paramètres pharmacocinétiques et pharmacodynamiques du ou des principes actifs.
  • Les posologies indiquées ne tiennent pas compte d’une éventuelle insuffisance rénale ou hépatique et doivent alors être adaptées.
  • Les antibiotiques à large spectre sont indiqués pour le traitement empirique dans un nombre restreint de situations :
    • Infection après exposition préalable aux antibiotiques et infection nosocomiale (survenant > 48 heures après l’admission).
    • Neutropénie fébrile
    • Infection sévère sans foyer clinique, ni diagnostic microbiologique (avec menace vitale immédiate)
      L’antibiotique à large spectre n’est pas plus efficace qu’un autre antibiotique contre une bactérie sensible aux deux.
  • Un traitement empirique est généralement un traitement limité dans le temps et peut nécessiter une adaptation ou une restriction du spectre anti-bactérien, une fois les résultats de microbiologie connus.
  • Le passage à une antibiothérapie par voie orale peut être envisagé si les critères suivants sont remplis : 48h à une température < 38°C, signes d’amélioration clinique, syndrome inflammatoire biologique (CRP, compte de leucocytes) à la baisse et tractus gastro-intestinal fonctionnel permettant une prise orale. Il convient de tenir compte de la biodisponibilité du ou des principes actifs et de l’adhérence du patient au traitement.
    Attention, certaines infections nécessitent, dans tous les cas, l’utilisation d’une antibiothérapie par voie intraveineuse prolongée (endocardite, ostéomyélite, arthrite, etc.)
  • L’échec d’un traitement antibiotique, rarement objectivable avant 72h à 96h de traitement, peut avoir d’autres causes que la résistance bactérienne, par exemple une posologie inadéquate, un foyer nécessitant un drainage ou un débridement ou simplement une lente réponse clinique. Ces hypothèses sont à évoquer avant de passer à un antibiotique à large spectre.